La France marcherait-elle sur la tête?
Hier, ils étaient des milliers dans les rues des grandes villes françaises à manifester leur solidarité envers les sans-papiers, à dénoncer la politique d’immigration de notre gouvernement. La manifestation, à l’appel de RESF, partie un peu avant 15H de la Place d’Italie a réuni des gens de sensibilités politiques différentes, de couleurs différentes, d’origines sociales différentes, unis derrière une même cause, lutter contre la chasse aux étrangers dans notre pays.
La veille, un malien s’était jeté dans la Marne pour échapper à la police. Dans la nuit de samedi à dimanche, 148 tombes musulmanes étaient profanées dans le cimetière militaire de Notre-dame-de-Lorette, près d’Arras. Evidemment le gouvernement dénonce, d’autant que des inscriptions visaient Rachida Dati, Garde des Sceaux. Mais en voulant mettre à la porte les sans-papiers, des gens qui vivent en France, travaillent en France, élèvent leurs enfants en France, ce même gouvernement cultive par son action politique la haine raciale et la xénophobie latente, et je pèse mes mots.
En me promenant dans les rues de Paris, je suis constamment émerveillée de ce beau métissage, qui devient peu à peu une force, et devrait être une fierté pour notre pays. Comment peut-on alors se laisser submerger par une telle haine de l’autre? Comment se fait-il, qu’à l’heure où l’économie nous pousse à ouvrir les frontières des marchés, ces frontières, quand il s’agit d’individus, ressemblent de plus à plus à des murailles infranchissables? Comment se fait-il qu’alors que le Keffieh devient un accessoire de mode, on oublie qu’il est avant tout un signe politique de soutien à la cause palestinienne, qu’on oublie qu’il vient de ces pays, dont on rejette la population sur notre territoire? Comment se fait-il qu’on oublie si souvent le mot « solidarité »?
Je n’ai pas d’explication quant à l’origine de ce repli communautaire, de cette prépondérance du chacun-entre-soi. Mais, ne perdons pas de vue, que nous sommes tous des étrangers, que nous sommes tous redevables à ces individus qui chaque jour choisissent de venir vivre en France, et participer à la vie économique et sociale de notre pays, et que toute xénophobie fait planer sur notre belle « France terre d’accueil » un bien triste voile.


Coucou Julie! Mon commentaire n’apportera pas grand chose au débat (désolée Jean-Gui!) mais je tenais juste à te remercier pour cet article dont beaucoup (hélas) devraient s’inspirer… D’autant que les tristes événements de ce genre se multiplient : tu as sans doute déjà entendu parler de ce qui arrive en ce moment à trois “immigrés” travaillant en France depuis plus de 10 ans, mais visés par l’administration…
Je me permets de renvoyer les lecteurs du blog à l’article du Monde du mardi 8 avril “Ils ont tout pour être régularisés, mais…”, par Laetitia Van Eeckhout, ainsi qu’au blog de poésie de mon papa, qui a écrit un texte en réaction à cet article (http://dorio.blog.lemonde.fr/). Bonne soirée à tous!
Mais y a aucun souci Pauline
Je ne suis pas la police du commentaire ! Surtout qu’il a apporté quelque chose contrairement à ce que tu disais avec modestie au début.
A très vite.
Merci Pauline. Le but de ce billet était de lancer une discussion sur un thème où je n’ai aucune réponse. Toute contribution au débat est bienvenue. Vive la pensée dialogique! En d’autres mots, je te remercie!
Bises
Coucou Julie ! Je veux commencer par dire que je suis absolument d’accord avec toi, cette “chasse” effrénée aux immigrés clandestins est honteuse sur le plan humain et dangereuse sur le plan politique, parce qu’elle va dans le sens de ceux qui accusent l’immigration d’être la cause de tous les maux de la France. Je voulais tout de même dire que je comprend cette politique de fermeture PARTIELLE des frontières. Je dis “partielle” parce que la politique française n’est pas une politique d’immigration zéro, mais d’immigration choisie, cela montre bien que le pouvoir reconnait l’utilité, pour le pays, de faire appel à des travailleurs étrangers, même s’il ne le met pas autant en avant que la “chasse” à l’immigré clandestin. Mais je la comprend, disais-je, pour une raison très simple : la migration n’est pas la solution. Je m’explique : la France n’a pas vocation à accueillir tous ceux qui sont dans la misère dans le Monde, elle a vocation à accueillir tous ceux qui sont menacés dans leur pays. Pourquoi la France ne peut-elle pas accueillir toute la misère du Monde ? D’abord parce qu’elle n’en a pas les moyens, mais surtout parce que cela n’arrangera rien, les populations qui resteraient sur place seraient toujours dans la misère. La seule solution se trouve dans le développement des pays concernés, dans lequel la France doit apporter son concours, c’est dans son intérêt, mais c’est un processus long et incertain.